Poésie surréaliste NotesMat15

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Le carnaval égyptien

Tout d’abord, de hautes altitudes où la neige jamais ne tombe et des jeunes femmes qui s’enfuient en abandonnant leur landau.
Et d’une manière si indistincte qu’on ne peut pas voir leur dos tacheté de jaune et de noir suggérant vaguement qu’elles se sont vautrées dans les immondices, je les suis pourtant des yeux : des yeux dessilés mais surtout des cerveaux qui n’ont communément pas encore compris ni pourquoi ni comment l’horreur à Dunwich proprement dite s’est manifestée quand les déesses se déchainèrent.

Et c’était un déchaînement de tonnerres et d’éclairs qui perturbait les cieux. Mais il y avait encore, ici et là, comme si elles résistaient à toutes les intempéries, des expositions de peinture surréaliste sur ces plages normandes ; et traversant à la hâte d’un côté jusqu’à l’autre les tableaux des exposants, il y avait aussi des peintres impressionnistes grelottant, au soleil couchant, et qui s’essoufflaient rapidement quand ils enterraient leurs œufs…
Cela dit, on devait quand même attendre le retour du redoux pour que la ponte puisse éclore et annoncer ainsi, bravant le vent silencieux, le carnaval égyptien de ces joueurs d’échec, ressemblant par leur gueule cassé, à des poilus innommables.