Quand le mildiou viendra, Allison, pour cette nouvelle année 2026, a prédit une invasion de mygales dans la capitale des Gaules et cet événement naitra avant même qu’on soit débriefé, notamment sur ce qui continue de raviver les nuits froides baignant dans le formol ou dans un liquide amniotique. Au printemps, Allison a prédit le naufrage d’un pétrolier sur les plages normandes et qui réfute tout aménagement sur des quais imaginaires ; le naturalisme miteux des écologistes lui murmure que ce moment unique ne peut être induit que par des sortilèges implacables.
À la fin de l’hiver, comme un millénaire de représailles qui gangrène les cimes radieuses, elle nous dit que la découverte d’une nouvelle nébuleuse, entièrement enfantée par la survivance du mythe des Bottes de sept lieues, n’aura rien à envier de la magnificence d’autres voies lactées plus proches de nous.
En été, dans la vase encombrée de plasma et de murènes, Allison aura une vision irrévocable d’une mousson, à faire ployer les tyrans des pays concernés et qui se noient dans un océan rimbaldien à chaque fois que la drogue du crocodile ravive dans leurs yeux lascifs des envies de porcins maussades et ce terrible désir de mettre fin à la survivance mythologique de nos moratoires.
Enfin, en automne, afin que la compassion pour le mongolisme puisse de nouveau se développer, Allison visualise l’arrivée de dictateurs fraîchement en place. Pourtant, cette fois-ci, ces derniers s’ingénient à faire suivre comme des moutons leur électorat qui ont cette haine irraisonnée de déloger tous les squatteurs, de réformer des trucs que même les tableaux d’Edvard Munch ne semblent pas prendre la mesure de la mouise qu’ils pourraient générer…
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« Elle les prit tous deux par la main et les fit entrer dans la maisonnette. Elle leur servit un bon repas, du lait et des beignets avec du sucre, des pommes et des noix. Elle prépara ensuite deux petits lits. Hansel et Gretel s’y couchèrent. Ils se croyaient au paradis. Mais la gentillesse de la vieille femme n’était qu’apparente. En réalité, c’était une méchante sorcière qui n’avait construit la maison de pain que pour attirer les enfants. Quand elle en prenait un, elle le tuait, le faisait cuire et le mangeait. Pour elle, c’était alors jour de fête. »
Je sais plus trop où, je sais plus trop comment. Soit, je pense, j’ai pris quelque chose de trop consistant hier soir ; soit, sans doute, mon inspiration est venue cette nuit lorsque j’ai vu ma femme peser de tout son poids, morte et ensanglanté à mort sur ce vieux plancher bouffé par l’humidité…
Elle barbotait dans son hémoglobine, quand Allison s’était convulsionnée pendant son cauchemar, visionnant les tâches de sang sur le lit mais aussi sur les pages de ce bouquin piqué à mon grand-père, ancien combattant.
Son livre du Cours Supérieur quand, enfant, son œil malicieux lorgnait du côté des loches préformées de sa voisine captivante, une grosse pas farouche.
Mais le lendemain, la moitié de la ville était peuplée par des fraiseurs, attaquant le lobe pré frontal, à la fraiseuse bien sûr, des victimes toujours bien rodées pour sanctifier un massacre qui n’avait rien à envier à celui des tronçonneuses…
Puis, presque neuf ans après les premières visions d’Allison qui n’avaient réussi qu’à faire le plein d’anecdotes graveleuses parmi les flics doutant de ses pouvoirs surnaturels, je débarque dans un patelin à la con. On avait signalé qu’un potentiel suspect était en cavale, et pour me faciliter la tâche, il n’avait lui aussi pas d’alibi, pas de témoins dignes de ce nom, et qui traînait non loin de la scène du crime, donnant un précieux indice au procureur et à toute sa clique. D’autant plus qu’il avait jadis molesté une vieille pour lui soutirer son dentier en or, à moins que ce soit lors d’une vie antérieure… Une époque d’autrefois encore trop vague pour être simplement évocatrice et en faire le coupable idéal.
Mais ce trois décembre, chez Allison, les ombres défilant sur le papier peint et sur les différents tableaux bougent en vacillant pour lui révéler ce qu’il s’est réellement passé. Elle n’en justifie pas moins l’usage de l’alcool à gogo pour comprendre ce qui s’est passé là-bas, dans ma baraque : le seul truc qu’elle n’a pas réussi à comprendre, c’est la cause de toute cette violence meurtrière…
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Les fichiers de tout ce j’avais fait de plus cinglé et que le FBI et les agents secrets s’interdisaient de s’octroyer ; les flammes sournoises léchant notre chair, et nos visions intenses qui avaient fait naître des roulis doux dans nos têtes sans que les étoiles puissent nous protéger… Tout ça ne me disait rien du tout, à part qu’on allait sombrer entièrement dans la folie.
Mais pour l’instant, nous nous intéressâmes surtout à garder sous clés des poisons suffocants en cas de crise délirante. Et dans ce bâtiment inoccupé de notre petite ville, il y avait également, bien caché, du Zolpidem pouvant provoquer des hallucinations ; mais pas seulement, et malgré l’obscurité, paradoxalement les rayons d’un soleil arriéré arrivaient à glisser sur ces vieilles peaux édentées, chamarrées en gardiennes cosmiques surveillant les Portes ; leurs seins à nouveau bondissaient et leurs yeux trahissaient des envies d’en découdre avec des luttes au corps à corps sur un terrain de jeux désert.
