Poésie surréaliste NotesMat15

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Les saisons

Si le printemps pouvait, en renaissant, se transformer en terre de feu, de jeunes pousses agressives, prêtes à bouffer toute la lumière du soleil, l’envahiraient ce territoire nouvellement créé.

Si l’été pouvait éclore et si ces œufs se cachaient sous des racines sans fin ni commencement, il stationnerait uniquement au-dessus d’un centre psychiatrique pénitentiaire, les gardes poussant laborieusement les portes blindées pour tenter de le faire rentrer.
Si l’automne craignait insidieusement l’inconnu, et à tout ce qui échappe à notre entendement, alors on pourrait dérober aux pendus du parc d’à côté, en cette saison, des bretzels planqués dans leur poche.
Et si l’hiver engageait la même conversation que celle que nous avons eu avec ces bêtes éperonnées par d’anciens hussards, le serveur, qui est censé recenser nos rêveries, se déglinguerait brutalement, nous obligeant à repasser à l’asile…