Il y a ton sourire qui étincèle sur tout ce qui a été répudié et qui reprend toujours plus de vigueur lorsque les fleurs en granit sombrent au dernier gong. Alors le rêve peut démarrer, il y a d’abord ces laies, ces cochons sauvages, ces sangliers qu’on a peinturlurés, comme les rues de cette cité lascive, de slogans révolutionnaires, haineux. Cependant, les fenêtres sont toutes aussi dignes de curiosités quand on les ouvre et se penche pour regarder l’agitation des rues : des voyages en lamas pour ralentir, faire ralentir la pensée aussi et arriver dans cette lande où il y avait jadis les ruines des Grands Murs.
En passant sous leurs grandes arches millénaires, cette foule qui a bien trop gravité autour de la zone 51, emmanche d’impitoyables gouvernements pour mieux les huer par la suite ; et au fond de leur égout, des précipices, des lacs célestes qui bruissent par trop d’idées noires, reviennent à l’assaut, pour ensuite les apaiser, les calmer tous ces gens enfermés dans la même épopée onirique… Tous ces grelots cessent alors leur boucan et laissent place à un silence que seul le fumet d’un ragoût peut effacer, que seul un rivage oublié peut interchanger avec leurs ombres évanescentes, leurs silhouettes furtives.
Son sourire, quand on se penche sur le miroir calme de l’unique lagon de la contrée, étincèle et se reflète dans l’abyme sans fin de ce rêve ; et à la fin il ne reste plus qu’un seul fuyard – celui qui ne veut pas se réveiller- et qui se relève d’une énième raclée bien méritée, d’une énième cuite dans le jardin des hérons rouges…

