Poésie surréaliste NotesMat15

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Des joueurs de Munchkin

Pour renouer avec d’anciens amis disparus, il y avait des univers qui grappillaient le temps perdu, de vacillant diadème pour des noces plastifiantes dans la vase encombrée de plasma et de matières plastiques, et enfin le pouvoir de leur imagination, de leurs varicelles, de leurs colliers d’une autre trempe comme un leitmotiv mélodieux ou désaccordé comme la guitare de Kurt Cobain.

Il y avait déjà eu maldonne quand leurs lacunes dessinaient des failles vêtues de cuir noir canonique entre leurs bandages de momie atrophiée… Et qui rejoignaient par leurs thèmes communs ce petit livre rouge que les pharaons retraçaient sous leur essence originelle de Milan noir, ce que les joueurs du Munchkin avaient piraté, hacké au nom d’un simple poète inconnu. Mais, à ce moment là, tout n’avait pas planté.

Ainsi le souffle noir du Munchkin avait collecté sous les fougères du jardin de leur manoir normand, des pendus tombés de ces arbres qui en face, sans que je m’aperçoive, hantaient le square du coin tandis que, leurs matrices encodées aux lance-flammes avaient repeintes les cartes du jeu, au rouge sang ; un seul trait de peinture ou un unique pouvoir imaginaire idéalement polarisé dans toute la contrée : même le réseau mobile soumis au libre-arbitre de leur SMS avait été brouillé par leurs listes de personnage haut en couleur, leurs mouvances, leur mensonge, choyés par cette faille aussitôt mise au pillage.

Dans les parties les plus sombres du manoir, une kyrielle d’étages silencieux remuait leur halo mystérieux, leur sagacité par la queue du diable ; et tout autour de leurs colonnes corinthiennes la vigne folle, irréelle que nos génisses broutaient pour leur qualité limoneuse, se balançait avec le cordon ombilical des pendus…

« En secouant la flamme blanche des bougies sur le papier en sanskrit délavé, alors sous les angelots noirs gravés sur la anse d’une marmite pour pot-au-feu, ils réinjectaient sans cesse des altitudes assortis par cut-up, ces architectes de leur manoir occulte lors de ces parties de jeu nocturne qui, ils nous l’avaient promis, sauveraient nos corps et nos âmes d’une contamination indicible. » ainsi lui dis-je tout de go et en sanskrit !

En rejoignant aussi les trois enfants qui tournoyaient sous ces nouvelles attractions en se demandant qui allait attraper la queue des Mickey, les joueurs du Munchkin, remis depuis peu de ces hautes altitudes enfermées dans leur seau d’eau ossifiée, ils se réincarneraient peut-être comme cette étrange famille de morpions démoniaques grouillant au fond de la cuvette d’un glory-hole.