Poésie surréaliste NotesMat15

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Les Roses Noires de l’Europe !

Elle réclamait la soif terrible des damnés, la largeur comme la longueur, le fond comme la surface et se dérobait à la lumière de diamants que les mémoires avaient fait jaillir. La petite herbe, bien davantage conceptualisée que les conceptions d’une acropole, en la fumant, avait terrassé ces hussards d’un jour. Sans doute elle s’était infiltré dans la terre et était devenue l’incarnation des Roses de l’Europe : le festin de Satan, Satan célébrant sa descente et leurs robes pourpres tournoyaient parmi des amas duveteux de poussières !

Les roses de l’Europe étaient semées du haut des passerelles de cuivre, ces plates-formes où l’on raturait, notait, essayait de nouvelles combinaisons de mots de passe, où l’on tentait de définir la profondeur des abysses grammaticales, et en bas, elles donnèrent naissance aux ouvrières et aux reines qui jadis avaient fait construire par tant de chevauchements la fosse noire.

Face à la pluie diluvienne, au déchaînement de tonnerre et d’éclairs, je remontais le sentier en toute hâte, traversais l’enfer du laurier au même rythme, vers le rocher en surplomb, et là, à genoux, je dénudais de leur corset ces Roses aux ailes mécaniques, pantelant et huant, et la souffrance perla comme une larme d’absinthe lorsque j’incisais leurs pétales pour en faire un brouet de sorcellerie.

Il y avait encore, ici et là, des expositions de peinture, des peintres grelottant dans le vent silencieux, émettant une pensée mystique monochrome bleu qui détermina alors leur chute sans fin quand ils tapèrent CTRL X.
L’esprit-libertaire de leur haut quartier, dont l’architecture restait impeccablement inexplicable, piaillait sans limite, hérissé d’épines, harnaché au comptoir où l’on servait toujours du punch. Et elles enfantèrent d’autre mille fléaux noirs lorsque je fus pris en flagrant délit, commerçant leur semence pernicieuse d’escargots tapissiers !