Poésie surréaliste NotesMat15

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Maldonne

Il y avait maldonne pour cette liste de fantasmes, pour ces fantasmes de reptile en mutation, maldonne pour ces tours d’ivoire où mes colocs cuvaient leur vin et qui s’effondrèrent sous nos yeux ; maldonne aussi pour cette soirée et cette année lumière enfantant notre pensée latérale…

Maldonne pour cette peau de crocodile que j’avais revêtu du haut des immeubles, pour cet orang-outang qui me confiait enfouir son sexe dans la paille d’une écurie en ruine où les génisses de son manoir dormaient.

Car il y avait vraiment maldonne : maldonne d’abord pour ces arnaqueurs et les rois des légendes urbaines… et dans leur royaume, la musique ne s’arrêtait jamais afin de faire germer dans leurs crânes les opérations impaires, les jeux de dé, et d’autres jeux aléatoires, et même maldonne pour les autres mondes dissimulant leur manque imagination, par quelque chose qui ne devrait pas tarder à se dévoiler ; enfin maldonne, quand le rêve prit feu, pour ces cent-soixante-huit cartes représentant notre créateur émergeant de l’obscurité, comme s’il était né du cosmos ou d’une champignonnière de morpions en liesse !