Je regrette le temps de l’antique jeunesse, l’échappée tonitruante, à quelques milliards de kilomètres de notre brick, des marsouins. Leur liberté bien au large et en face de l’immense villa et de ses dépendances qui forment un promontoire suffisamment arctique pour que les effarés crèvent leur culotte et que leur lange blanc tremblote au vent ténébreux de l’hiver…
Je regrette le temps du Bateau Ivre qui, avoir scindé les foules barbares de tous les équipages porteurs de blés flamands ou de cotons anglais, transportait tout un arsenal d’armes blanches. Je regrette le temps des îles où les hordes des peaux-rouges criards nous harcelait, nous espionnait…
Je regrette le temps des ressacs et des courants, devenant semblable à ce qu’on appelait classiquement La Présence…
Je regrette le temps de la Nuit Verte aux neiges éblouies qui avait rappliquée lorsque les rumeurs excitèrent suffisamment la curiosité de certains habitants du bourg pour les pousser à l’épier presque à chaque éclipse, son chromatique et légendaire couchant.
Mais j’ai rêvé de ses batailles féroces du haut de nos façades circulaires, car il faut l’avouer qu’elle était un Être extraordinaire mais aussi une sorte de gaze noire et stellaire nous enveloppant aussi douillettement que mystérieusement !
