Poésie surréaliste NotesMat15

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Historic castle with glowing windows surrounded by foggy forested hills at sunset

L’étrange application de Théophile Gautier

Le secret est une drogue puissante.

Ça faisait un bail qu’à l’abbaye d’Orval, la parjure des roués, qui avaient été lynchés, avait succédée au cumul des mandats de ce bizarre Théophile Gautier. 

Un dessin inabouti des bouges les plus glauques, bien qu’assez tape-à-l’œil, montrait ce cabotin en train de tourmenter les mendiantes rousses de ces bas-fonds… De blanches filles aux cheveux roux dont les robes par leurs trous laissaient voir la pauvreté, mais aussi la beauté. 

Arrivant à point nommé, les ténèbres violaçaient les décoctions aussi étranges que déconcertantes de Théophile Gautier et qui étaient même capables d’émasculer les plus inlassables démons. Et son cercle intime de fidèles s’inclinait devant lui pendant cette nuit noire, et jusqu’à cette rouge aurore, que cette bande de nécrophages associait non pas à une noirceur quelconque mais à Belzébuth. Se fiant uniquement à leurs cyanures et à leurs spectres, pour l’instant inanimés mais d’une solidité à toute épreuve, ils créaient pour eux, en même temps qu’ils les réanimaient au fur et à mesure, une place de choix pour leur hégémonie à venir sur ce monde en ruines.

Cependant, ce qui allait précipiter leur perte, et les faire échouer par rapport à leurs plans machiavéliques, c’était que leur principal atout, leur application, quoique moyenâgeuse et classiquement appelée AngelOfDeath® allait occasionner un flot incessant et impromptu de publicités sur les écrans, rendant inapte son usage non seulement par les déments craintifs hantant encore les lieux, mais aussi les libertins du coin, leurs clients les plus agités. De plus un déluge de notifications idéalisait exclusivement ce que les yeux visionnaires, des yeux de fièvre et d’une ardeur effrayante, allumés comme des fanaux dans leurs orbites caverneuses, dévoyaient comme actes délictueux…

Car, de façon unique, lors de leur jacquerie, pouvant s’imputer à tout ce que cette cabale avait galvaudé, les résistants se risquaient maintenant à connecter leurs téléphones portables et leurs ordinateurs sophistiqués sur un serveur dont le code dissimulait leur géolocalisation. Leur présence devenant fantomatique et surtout invisible sur le spectrographe de ces chiens de la casse, vils et désormais sur les nerfs. 

L’arrière-plan de l’application rougissant, tandis que les mouches bourdonnaient sur le haut-de-forme de Théophile Gautier, il ne tarda pas à blasphémer les non-dits qui abondaient sur la page d’accueil quand il tenta d’usurper son identité par un pseudo dont l’affabilité, cette fois-ci, suggérait qu’il était un puritain convaincu et par une adresse IP pourtant masquée. Frôlant une bouteille de syrah en manquant presque de la renverser, comme il devenait de plus en plus appréhensif, il admira, pour se calmer, les bijoux, qu’on croyait perdus, et qu’il avait volé d’une antique Palmyre… Il se servit une lichette, mal à l’aise, nerveux, et s’acquitta de son abonnement à AngelOfDeath® bien qu’il en soit à l’origine son créateur… 

Avant que d’atroces imaginations d’insectes et d’infusoires soient commissionnées pour qu’un feu entièrement de fétu démarre, il s’affaissa et s’épata dans une immense chaise ; trônant comme un sphinx incompris il tenta de solutionner cette pierre d’achoppement, projetant même une virée dans le secteur de ces gens au teint laiteux.

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Dans la jonchère des ordures qui tramait, couchée en ses longs voiles, le vent baisant le seigneur des moissons, il conjura ce qu’ils prodiguaient comme réseaux d’interconnexion – heureux et coi et emporté par son dithyrambe qui promouvait son amorphe vacuité qu’il entendait vagir sans aucun je-m’en-foutiste en quoi que ce soit, selon lui.

Et dont l’extensibilité gangrénait, sans jamais s’arrêter, par sa course aventureuse, les bastringues dans les bordels où Théophile Gautier distinguait, entre toutes, les belles ténébreuses. Dont les beaux yeux, mêlés de métal et d’agate, contrastaient, du pareil au même, avec leur chant mystérieux tombant des astres d’or… 
C’était bien là, dans ce lupanar, qu’il crachait ses blasphèmes imprécatoires sans que son tempérament volcanisme s’en attiédisse d’un poil de cul de grenouille.

Un borgne vendait à l’entrée ce que les comprachicos avaient pourvoyé aux enfants de la favela du coin comme cages ou pièges de cristal en échouant à les exposer comme monstres de foire.

Pour en revenir au high-tech, on pouvait observer cette fois-ci sur l’application tout ce que l’autan froid salifiait dans les bottines et les bas de ces alertes fillettes. Ainsi que tout ce qu’elles s’étaient mâtinées, notamment avec des pochards bloquant encore sur l’époque ancienne des westerns…

Son smartphone bloblotant au micro-ondes du cabaret, Théophile Gautier avait l’intention de réajuster les réglages de son système afin de bluffer à nouveau les rebelles par une contre-offensive et les faire périr par le glaive !

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Suivie de Théophile Gautier, Patricia Conley, avec son air d’orage en suspens et de feu qui couve sous la cendre, prit le papier que Théophile lui avait glissé dans son corsage. Elle était la petite frappe de tous ces inquisiteurs. 

Quand la rame de métro s’immobilisa sur le quai, elle regarda cette feuille et lut la conclusion qu’il avait portée en une ligne au bas de celle-ci. Plus tard les Anges, entr’ouvrant les portes, viendront ranimer, fidèles et joyeux, les miroirs ternis et les flammes mortes. À côté figurait l’un des symboles codés qu’il utilisait, un cercle barré d’un trait. Ce qui voulait dire : L’inachèvement de leur périple ne se cantonnerait plus à seulement intriguer les adorateurs du spleen baudelairien. 

De grandes giclées de sang recouvraient ces messies d’un nouveau genre et les fenêtres du wagon tandis que les ingénieurs chefs de projet à la BioEvolutech ayant aidé sa troupe à créer AngelOfDeath® profitaient en ce moment même d’une pause clope… Ce qui était une opportunité de rêve pour patenter avec un de leurs mouchards cérébroconnectés la faille commerciale de cette application… et pirater le biobot de leurs concurrents, monopolisant également l’accès à ce tout qui devait inverser leur processus de régression, censé synthétiser toutes les combinaisons barbares des spécialités pharmaceutiques de l’ancien temps (onguents pour la peau, anti-douleurs, poisons et substances inactives) qu’ils soumettaient à leurs cobayes.

Mais surtout, avant même que les corbillards s’épuisent à monter la pente les menant à leurs caveaux, une Willys-Knight 87 pénétra en bringuebalant dans les escaliers du métro ; en ravageant dans les longs corridors ce qu’il restait des débris sinistres du zeppelin des révolutionnaires s’étant crashé hier soir, et en terminant sa course, elle flamba le compartiment où le cortège infernal avait tenté de démanteler juste auparavant le cyberespace de leurs ennemis. 

Monté sur ressort ce jour-là, le prélat de la ville saoula dans son boudoir les gens déjà bien enivrés de la fourmillante cité par un éloge funèbre aussi long que licencieux sur tout ce « beau monde ne beuglant plus » ; malgré toute la méchanceté qui luisait dans ses yeux ainsi que dans ceux des rares survivants, il nous apparaissait qu’on y gagnait au change…