Poésie surréaliste NotesMat15

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Moss-covered vintage car surrounded by dense forest vegetation

Chemin De Traverse

« Je rêvais d’un cimetière de voitures empilées les unes sur les autres. Écrasées, comme des boîtes de conserve géantes. D’un autoradio sortait « Hit the Road, Jack ». Puis les piles de bagnoles se sont mises à osciller. Quelque chose secouait le sol sous mes pieds. J’ai entendu un gémissement. »
Le chemin de traverse changeait au fur et à mesure les multiples possibilités qui nous attendaient. Et mettait au défi quiconque de pénétrer ses tréfonds les plus reculés. Elle-même n’en savait rien. Elle voulait juste couper à l’ouest par le chemin le plus court pour regagner la résidence de leurs hôtes. Pourquoi était-elle si pressée ? Qu’avait-elle à y retrouver ? Elle était tellement fatiguée. Elle avait tellement mal à la tête. Qu’allait-elle donc se dépêcher de retrouver un univers de mondanités creuses alors qu’elle pouvait s’arrêter là, juste un petit moment, juste dix minutes, juste le temps de reprendre son souffle, de laisser les tambours dans sa tête ?
Elle s’abrita les yeux du plat de la main pour distinguer l’intérieur de la salle d’attente, entachant ses premières questions les plus monocordes.
Mais l’épreuve de voir se poursuivre autour de nous cette dégénérescence universelle nous serait épargnée. Surtout lorsqu’on abrégea dans le brouillard d’une montagne endormie cette régression tendancieuse de ce qu’il restait de tous ces autres agitateurs. Perdus au volant de leurs jeep, là où la chaleur des flammes et des braises ne faisaient que mauvais ménage avec ceux descendus en Enfers. Mais plus personne ne pouvait les blâmer, et face à la drogue du crocodile qui n’avait drôlement pas chômée pour dévergonder cette pin-up hellénistique, seuls ceux qui se pelotonnaient à la sortie de ses squats et qu’ils la fliquaient encore ainsi que « les gens suspects » se complaisaient à seriner qu’elle serait bientôt écrouée…