Poésie surréaliste NotesMat15

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Les sept vies de l’araignée

L’appartement était en train de se fissurer de plus belle et les moisissures mangeaient les insectes. Une aubaine pour l’araignée ; cependant, dans ce petit livre noir, virulent parce qu’il avait été écrit par Satan en personne, il y avait des incantations ténébreuses qui lui avaient ôté sa force.

Sa force ? La somme de toutes les allures provocantes que je comptabilisais, enfermé dans ce studio qui s’agrandissait jusqu’à devenir un palace parisien… Et ce petit ouvrage diabolique ne s’arrêtait pas là : jusqu’à présent entravé par la magie blanche des carnets d’un sorcier oeuvrant pour le bien, son contenu, par les divers expériences qu’il rapportait, avait retrouvé une une logique propre, aussi diffuse que les sept vies obscures de l’araignée.

Et aussi factice que cette combustion perdant toutes ses plumes quand elle avait piégé les habitants de l’immeuble en incendiant tous les étages…  mais, survivante de cette tragédie, l’araignée avait niché parmi les ruines, en vivant de lichens et pour lui apprendre à agrandir sa toile, issue des hauteurs respectables, l’obscurité des nuits sans fin l’avait aidé à se cacher des humains… Etait-ce une leçon immorale qu’on pouvait retenir de cette résilience ?
Mais peut-être n’était-ce que les épaisses fumées, les vapeurs de cette Flambée brûlant à vif les corps qui lui avaient enseigné quelque chose manquant à son humanité ?

Et cette résilience, arrivant à l’automne comme les feuilles mortes, n’était qu’un sacré pudding de nerfs à présent calmes et tranquilles ! On aurait juré qu’elle aurait pu tout emporter, les sept vies de l’araignée, le précieux bouquin de Lucifer se rachetant avec une plus-value exorbitante, les signaux télépathiques aussi des déesses protégeant l’araignée et cette chose mystérieuse que leur genèse avait décanté par une succession de silences dilatés sous tous les angles pour annuler les effets maléfiques du malin !