Message complémentaire : Je ne viens pas encore de terminer ma nouvelle participation à l’appel à textes de la Zone parafoutrale (Du foutre à foison, sombre, débile, violent) mais je me suis intéressé et inspiré du thème de la Semaine textes de merde 08.
C’est à dire le #TDM2015 pour la littérature contributive sur http://www.lazone.org/ et dont la Thématique était HOMO SELFICUS.
Ceci afin d’améliorer, de continuer et de proposer une suite non seulement sur L’épiphyse de Claire Castel, la glande surrénale du Poète (Le deuxième #TDM2015 que j’avais écrit en essayant de m’amuser davantage mais aussi en faisant référence avec L’étrange et extraordinaire histoire de Mademoiselle Teu-Cha #TDM2015 publiée Le 22/06/2015.)
Et en ajoutant un certain nombre de cut-up de la prose d’autres zonards, notamment après avoir fait une recherche sur la barre de lazone.org en tapant le mot selfie pour qu’elle puisse me proposer toutes les nouvelles qui parlent, de près ou de loin, de ce sujet.
Un jury populaire présidé par quelques anémiques, fut symboliquement formé place de la République, là où le mouvement « Ni pute ni Soumise » avait vu le jour.
Claire Castel, la scandaleuse libertine, escortée en ces lieux par les milices citoyennes, faisait carrément moins la maligne et sentait qu’à cause de toute la verrucosité de ses mains moites, elle ne pourrait plus jamais jouer les naïades.
Elle fût rapidement jugée pour outrages aux bonnes mœurs, suite à un vote à main levée et condamnée à mort par décapitation.
Cependant, reprenons depuis le début, c’est à dire il y a déjà quelques mois : dans une salle de gym semi-circulaire, les acteurs se déboutonnaient et sortaient leurs instruments pédagogiques, et la jeune fille, assise pour l’instant sur un cheval d’arçons, les regardait avec de grands yeux humides, puis regardait leurs visages avec une innocence troublée et un désir naissant.
Toutes les actrices présentées ici dans ce film (Gangbang pour mon cul de Garces #37) avaient été photographiées couvertes de sperme ; à Claire Castel on l’avait informé qu’elle pourrait sans problème faire un selfie mémorable juste après l’instant crucial.
Claire Castel, brûlait d’impatience et de ferveur, elle avait évincé toutes les documentaristes voulant se reconvertir dans le domaine de la pornographie. Et même les synopsis de leurs docu-fictions les plus intimes et les plus chauds avaient tous échoués dans les top-cases d’un deux-roues motorisés appartenant à un indigène, s’opiniâtrant à passer à travers des cultures entre deux forêts amazoniennes. Et surtout sans même réussir à attiser la curiosité d’un seul lecteur.
Claire apportait enfin la guérison du corps et de l’esprit sans tergiversions. Roger Gilbert-Lecomte, le poète désinvolte, dans son poème Deuil d’azur, évoque un « masque de perles » ; j’imaginais qu’après son rempotage de beuh sur la terrasse, tout en haut de la maison, il boitillait jusqu’à une pièce, ou plutôt une cellule solitaire, séparée par de solides et lourdes cloisons mais aussi par une galerie et un escalier secret, et que là où se nichait l’atelier de l’artiste, il travaillait sur ses créations immondes, un masque de perles pour lui comme pour nous symbolisant lamentablement des éjacs faciales tâchant même les seins des stars du X.
À force de trop écrire, on en devenait abject.
Mais sur l’une des petites culottes de Claire Castel où des hommes brutaux et virils fourraient impatiemment leurs mains, la mignonne étant déjà en topless, on pouvait lire : « Si tu prends une photo de ton anatomie, tu perds un morceau de ton âme mais aussi d’autres choses comme tes jambes cagneuses, ou ta face glabre, c’est grâce aux grands singes du Brésil qu’on sait ça. »
Cela m’avait vraiment inquiété, non pas parce que je devais canaliser cette meute de mecs ayant la dalle comme s’ils sortaient de prison, et donc les avertir quant aux dangers potentiels s’ils éjaculaient au moment d’une prise photographique, mais parce qu’un participant au tournage avait pris la poudre d’escampette seulement quelques heures avant le commencement.
Et je le soupçonnais ce jour-là d’avoir photographié sa bite afin d’immortaliser un selfie à poil… Et qui adopterait probablement avec sa femme une modeste orpheline, ne pouvant plus dorénavant se reproduire comme l’un des grand singes du Brésil l’avait prédit…
Sans précipitation, le négus de l’industrie du porno grillait une clope et Claire Castel se sentant bien chaste pendant ce temps, réexaminait les érections comme une artiste contemporaine… Les messieurs autour d’elle adoraient cet acte tendre, étant tous très durs et bien résolus à passer à la suite, à savoir un strip-tease d’abord. La vie étant réservée à une élite dont ils ne feraient jamais partie, ça ne les chagrinait pas de n’être que des gueux, frappant leur trique sur les fesses de cette déesse ionique. Puis on passa approximativement de l’image tremblotante de la caméra à un zoom irrévérencieux sur sa chatte, le réalisateur ne proposant, aux gens qui se masturberaient plus tard, que des travellings filmés tel quel, donc ils se démerderont.
C’etait ainsi un court-métrage cryptique, obscur. À son image.
Puis vint l’heure de prendre un selfie. D’abord mental : elle cadrait, vérifiait la luminosité. Et elle prit son cellulaire et se selfisa avec en second plan, une immense lettre Y en carton-pâte désignant, par sa forme, le sexe féminin…
