« La Vénus est représentée de face. Elle tient dans sa main droite un croissant lunaire ou une corne de bison qui pourrait, selon Waldemar Deonna (1913), représenter une corne d’abondance. »
« Sur cette corne se trouvent 13 encoches ; certains chercheurs ont suggéré qu’elles pourraient représenter les 13 cycles lunaires annuels ou des cycles menstruels (calendrier obstétrical d’une femme enceinte) ; sa main gauche est posée sur son ventre, ce qui pourrait indiquer qu’elle est enceinte. Ce qui semble être sa chevelure tombe sur son épaule gauche. Comme chez toutes les Vénus paléolithiques, on retrouve un certain nombre de conventions figuratives, avec certaines parties exagérément développées comme l’abdomen, les hanches, les seins, les fesses et la vulve, alors que d’autres sont absentes comme les pieds et le visage, tourné vers la corne. »
Seule la folie nous attendait. Seule l’Étoile Noire de Star Wars aurait pu encore nous accueillir…
Les watts du moteur de nos vélos à assistance électrique commençaient à psalmodier leurs objurgations quand nous dépassâmes la deuxième et dernière rangée de végétaux du lotissement, nous obligeant à les pousser à la fin ; ce qui avait courbaturé nos jambes plombées, surtout à la fin de la montée sans ascenseur jusqu’au douzième étage de cet immeuble. Le légiste était déjà là. Mike était accompagné de deux agents de police…. Et lorgnait sur le macchabée incendié. La dépouille de cette tarée dépendant de cette secte furetant parmi les antiquaires pour sacraliser ensuite ces objets vendus à peine plus d’un Penny, se vautrait dans un bain de sang… ayant traversé, avant de s’immoler, les parpaings fragiles du mur d’en face !
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La Vénus d’argent du radiateur de ma « Rolls-Royce Phantom » avançait en éclaireur.
Les grandes lois de la physique dans ce grimoire que je tenais d’une main, l’autre maintenant le volant pour ne pas dévier du chemin malgré les cahots de la route, m’apprirent que ce que l’on croyait longuement disparu et que l’on avait mûrement toujours caché dans la pénombre, jamais placardé sur les murs, réapparaissait aussi brièvement que classiquement le jour d’Halloween….
Le crépuscule, rougissant encore plus que la veille, teintait non seulement la corne de bison mais aussi les os noirs de cette folle des Whateley et qui étaient sur la boîte à gants de la bagnole.
Plus tard en croisant sur l’autoroute un pick-up, je fus horrifié par mon propre reflet dans le rétroviseur. Et effrayé par la simple lumière des réverbères ; même les mouches avaient un bourdonnement menaçant, et pullulaient en s’accouplant sans relâche malgré la température glaciale.
S’acoquinant sous les treize encoches de la corne pouvant potentiellement servir de repère, et alerter sur les cycles lunaires annuels ou des cycles menstruels, elles annonçaient sans le savoir l’Heure de la Vérité et de la Justice.
Quelques heures après, avec Mike, on avait surveillé ensemble le fax que nous devions recevoir : des Palimpsestes Occidentaux sur un site se positionnant comme un fanzine de prédicateurs et qui, lors des attentats du 13/11/2015 à Paris, avait fait crapahuter ses adhérents tout en haut d’une station de télécommunications ; action décisive et motion de soutien corollaires afin que notre texte de revendication soit relégué au premier plan sur tous les réseaux sociaux et ainsi de nous permettre de galvaniser les foules…
Comme ça, par la simple et pure fantaisie du chef de l’État islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, mais aussi par effet mimétique avec les forces spéciales américaines qui salissaient notre attaque destructrice en ne manquant pas de faire le buzz avec leur photographie du cadavre de notre ancien leader tué au combat.
Ou bien encore par consensus afin qu’ils ne puissent plus discréditer notre fatwa.
Donc j’imaginais, si on arrivait à imprimer en de nombreux exemplaires le document envoyé par télécopie, nos têtes brûlés judicieusement et bigrement fêlées de djihadistes, arrivant par exemple sur l’écran des touristes en vacances en Inde, pour visiter le Taj Mahal, s’arc-boutant avec le flot incessant des anonymes débiles, pour signaler sur Instagram, TikTok ou Facebook avec leurs téléphones portables sophistiqués la publication peu reluisante.
