Il y avait des affichettes des Pixies et des Clash sur les murs du quatrième étage où l’on pouvait voir des créatures dociles et décérébrées magouiller, plongées dans une quasi-obscurité.
Et là, dans son appartement situé au sommet de cette grande tour d’immeuble, tandis que la basse de son enceinte décuplait à fond Johnny Cash, Chuck Berry, ou même Bo Diddley, Cindy hululait à tue-tête et l’on sentait bien que longtemps avant son voyage d’une nuit et d’un jour entier elle était prédéterminée à s’impliquer personnellement en débutant un plan drogue… À travers la Transylvanie mystérieuse et secrète, « non pas qu’elle ait eu besoin de tout ça pour le voyage, mais quand on commence, la tendance étant de repousser toutes limites » sa détermination pour sonder son Esprit siphonnait déjà son cerveau.
Ce genre de projets psychédéliques étaient habituellement suivie de cabrioles avec son paréo malgré ce soir, où tout bascula brutalement dans le paranormal : il devait être trois heures du matin dans le wagon. Et c’était déjà fini. Pendant un instant j’avais pu croire que rien n’avait existé. Sans bien savoir pendant combien de temps.
La moitié des voyageurs, paniqués, pleurait et ça s’entendait. De manière parfaitement hypothétique, je concevais que leurs pleurs et leurs angoisses avaient peut-être pour origine la sauvagerie de ce sortilège malfaisant. Un sort qui avait non seulement exhalé entre leurs entre-jambes une étrange odeur de lamproie avariée, et qui s’était suturées, telle une excision pour les femmes mais aussi telle une piètre ablation de leur organe sexuel pour les hommes…
Cependant, en me souvenant des autres signes avant-coureurs, je réalisais que tout le saint-frusquin était encore devant nous : un mois auparavant avant de prendre le train de nuit il y avait eu ces inféconds démons absorbant notre énergie sexuelle dans notre chambre ; son joli minois aussi qui rayonnait jadis lançait maintenant des regards étranges ; la fois aussi où lorsqu’on visita nos vieux en réanimation ils avaient curieusement voltigés en dehors de leurs lits ; enfin, il y avait eu ce contrôle ridicule et largement positif de mon éthylotest à l’embranchement d’une route jusqu’à Kirkuk alors que j’étais parfaitement sobre…
Mais notre itinéraire malgré tout ne restait pas du tout confus et nous nous faufilâmes à l’arrivée dans les étroits couloirs d’un music-hall où l’on cachait le « Gardien du Temple » ; la coiffe en palmier tressé du Gardien Sacré, que j’estimais « haute de quatre-vingts centimètre » était faite selon moi de « feuilles d’argile rouge, de coques de noix de coco et de racines ressemblant à de longues pailles, tissées dans les cheveux. »
Un rectangle de lumière avait pénétré la pénombre de la remise où on l’avait découvert, ignorant sottement le décompte de la minuterie qui annonçait le retour des vigiles.
