Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Manuscript page beside broken mechanical grid

Rêves et Réflexions

D’abord le succès tout comme son fantôme, et de grandes places désertées où je découvre son suaire, puis de la fumée qui fait jaunir le visage de nos femmes folles de joie malgré leur coup d’œil réprobateur.

Il y a aussi cette décapotable, qui monte le long d’un ascenseur spécialement conçu pour garer les voitures et d’où les vauriens lancent leurs parpaings du haut du bâtiment et qui détruisent les transformateurs malgré tout générant encore des watts.

C’est à un âge canonique que je me suis rendu compte que s’asseoir sagement sur leurs strapontins dans l’ascenseur faisaient trop mauvais ménage avec leur tendance d’être punks ; et puis il y a en bas des gens aux téléphones qui ne s’intéressent qu’aux prochaines et prometteuses échographies.

Mais il y a encore loin de là des bois rêveurs où des regards résolus arrivent à annihiler le moindre bruit.

Parcourant les pierriers je fais une pause pour admirer les strates de la montagne en face de moi et je sais déjà que des jeunes filles là-haut recensent les plus infimes rognures de ragot. Elles doivent trembler à cet instant en effleurant simplement leurs draps au fin fond de leur caverne.

Revenant à la ville je respire profondément les effluves des bacchanales et je me souviens de leurs chevelures brunes qui ont été tondues, pour donner du sens au premier des Sanctuaires.

Alors les questionnements existentielles, dont la seule probabilité s’ils naissent est d’offrir des stéréotypes, nous mettent aux aguets.

Et sur ma feuille qui surprend par ses calligraphies à la main, on peut voir au verso avec un luxe de détails presque choquant une ceinture défaite, mais aussi des strass qu’on a saupoudré sur une jupe mandarine et des bigoudis.

S’immobilisant alors lors de l’instauration d’un couvre feu, l’héroïne de la page qui n’est pas encore dessinée continue de croire que je suis coincé dans un rêve, et l’alcool aidant, ne cherche plus à me réveiller.

Surmenée, elle essaie de se jouer du système et quand j’arrive enfin au bureau de la réceptionniste tâtonnant dans le noir entre sa camarade blasée, un peu comme tous ces gens qui font semblant d’ignorer le vide qu’on voit depuis les fenêtres ouvertes du building et celle qui a l’air surprise de trouver le seul homme survivant, ses yeux brillent et ne restent jamais figés bien longtemps. Encore moins quand ils se posent sur le décompte qui n’arrête pas de s’écouler pour clore mon rêve ; ma forte tête dans un scanner et de multiples intraveineuses à chaque veine pour me plonger de près comme de loin dans une odyssée aussi imaginaire qu’interminable.