Des ombres bougent et font des vagues sur le crépi jaune, ces âmes qui errent à la recherche de tout ce qu’elles pourraient vampiriser.
J’évite de regarder vers le haut ces temps-ci tout comme mes meubles qui me paraissent également jaunes à la lumière de la lune. J’hésite surtout quand j’entends l’animal de foire qui vit dans mes murs, comme arrêté par l’angoisse qui pourrait enfanter, d’un milieu déjà bien hostile, d’autres traquenards.
Mes yeux, flottant dans les herbages d’acier et d’émeraude, ne voient que des prés en flammes qui bondissent jusqu’au sommet du mamelon.
Et sur mon dos, le terreau de l’arête a été piétiné par tous les homicides et toutes les batailles, mais tous les bruits désastreux maintenant s’éteignent en montrant leur courbe spatio-temporelle. Depuis le sommet de mon crâne, on peut distinguer la ligne des orients, des progrès. Et, tandis que ma marche, en haut de ce drôle de tableau, est accompagnée de mélopées sinistres, je défie les autres dieux qu’on a enfermé en cadenassant leurs cages sans parvenir à leur subtiliser ce don de vie immortelle ! Ce pouvoir qui ironise la logique même !
