Je me rapprochai du vieillard fou et indigent, qui essayait de se rappeler la nuit où au coin d’un bouge il avait jadis pris une mystérieuse auto-stoppeuse, sans même pressentir que sans mors, sans éperons, sans bride, on était parti à cheval sur un éléphant dès potron-minet…
Un coup d’œil à sa bétaillère éclaboussée de boue, ou de fumier, à côté de nous, avec sa remorque chargée d’outillage agricole, me permit de savoir qu’il n’avait pas réglé le parcmètre ; et en espérant que je puisse prendre les flics de vitesse, avant qu’ils nous tombent dessus, comme les zébrures d’une canne au jour du courroux, on emportait ce genre de spectre de l’au-delà pour avoir comme ça au moins un otage, ce qui était loin d’être une surcharge méprisable. Et dans la bétaillère nous prêtâmes attention à ce vieux silence régnant sur ce territoire de chasseurs de fourrure depuis plusieurs millénaires. Et dont l’ultime mélodie, bien que muette, tournoie dans le vent acerbe éternellement et fait tournoyer ceux qu’on imaginait être pressée de mettre en œuvre nos brillantes facultés de seigneurs de guerre, frémissant sans attendre le retour du redoux.
